Il est 21 h 47. Vous venez de vous asseoir.

Il reste une casserole dans l’évier, un message auquel vous n’avez pas répondu et ce rendez-vous qu’il faudrait vraiment prendre. Mais là, vous êtes sur le canapé. Enfin.

Vous ouvrez votre téléphone. Juste deux minutes.

Une vidéo vous explique comment mieux dormir. Une autre vous rappelle qu’il faudrait bouger davantage. Quelqu’un a préparé tous ses repas de la semaine dans de jolies boîtes. Vous, vous vous demandez encore ce qu’on va manger demain.

Vous posez le téléphone. Vous êtes fatigué. Et, curieusement, vous avez l’impression d’avoir encore raté quelque chose.

Le moment où l’on pourrait souffler… et où tout remonte

On attend parfois cette pause toute la journée. Dans la voiture, entre deux rendez-vous, en préparant le dîner : « Tout à l’heure, je me pose. »

Et quand elle arrive, impossible d’en profiter.

Le silence laisse de la place à ce qu’on a repoussé. Le mail un peu sec. La discussion qu’on rejoue. La liste de demain. On se relève pour lancer une machine. Puisqu’on y pense, autant le faire.

Il y a aussi cette petite phrase : « Je serai tranquille quand tout sera terminé. »

Sauf qu’il reste presque toujours quelque chose. Une maison, une famille, un travail, une vie : ça ne se termine pas comme une liste de courses.

Même le bien-être a son programme

Marcher, mais faire assez de pas. Lire, mais un livre qui nous apprend quelque chose. Respirer, mais avec la bonne méthode. Dormir, mais avec un score satisfaisant au réveil.

Ces outils peuvent faire du bien. On peut aimer suivre ses progrès. Le problème commence quand on se sent redevable d’un résultat jusque dans les moments censés nous soulager.

Alors on se retrouve à penser : « Il faudrait que je prenne soin de moi. » Avec exactement le même ton intérieur que : « Il faudrait que je fasse ma déclaration. »

On voudrait se sentir mieux. On se donne du travail en plus.

Le téléphone, ce petit refuge qui ne repose pas toujours

Ce serait facile de dire : « Il suffit de couper les écrans. » Mais parfois, le téléphone est le seul endroit où personne ne nous demande de préparer, de décider, de régler quelque chose.

On fait défiler les images parce qu’on n’a plus envie de choisir. Parce qu’on a besoin de rire. Parce qu’on aimerait être ailleurs quelques instants. Parce qu’on est trop fatigué pour chercher ce qui nous ferait du bien.

Inutile de s’en vouloir aussi pour ça.

On peut simplement remarquer comment on se sent après. Cette vidéo m’a fait rire ? J’ai passé un bon moment ? Ou je me sens plus tendu, plus seul, avec cette drôle d’impression que la soirée a disparu ?

La réponse peut changer d’un jour à l’autre.

« Si je m’arrête, j’ai peur que tout prenne du retard »

Parfois, la difficulté est très concrète. Il manque du temps, du relais, de l’argent, quelqu’un sur qui compter. On ne règle pas cela en recommandant un bain et une bougie.

Quand on porte beaucoup, se reposer peut vouloir dire accepter qu’une chose ne soit pas faite. Demander de l’aide et risquer d’entendre non. Dire à quelqu’un : « Là, je n’y arrive plus. »

Il faut parfois plus de courage pour prononcer cette phrase que pour continuer à tout faire.

Et l’on peut avoir besoin d’un soutien pour trouver ce qu’il est possible de déplacer, de partager ou de laisser attendre.

Une pause qui n’a rien à prouver

Je n’ai pas envie de vous proposer une routine de plus à tenir.

Peut-être juste un essai, un jour où c’est possible : laisser un petit moment sans objectif. Boire quelque chose à la fenêtre. Écouter une chanson jusqu’au bout. S’asseoir dehors sans en profiter pour répondre à un message.

Et si la liste revient ? Elle reviendra peut-être. Cela ne veut pas dire que la pause est ratée. Vous pouvez la noter pour plus tard, ou simplement remarquer : « Tiens, je suis encore en train d’organiser demain. »

On peut aussi se demander : « Ce soir, de quoi ai-je le moins envie de m’occuper ? Est-ce que ça peut attendre ? Est-ce que quelqu’un peut prendre le relais ? »

Ce ne sera pas toujours possible. Les jours où ça l’est, vous avez le droit de saisir l’occasion.

Quand on ne sait plus comment s’arrêter

Si chaque pause vous rend coupable, si vos pensées occupent toute la place, cela peut valoir la peine d’en parler. En séance, nous pouvons regarder ensemble ce qui se passe quand vous ralentissez et chercher des ajustements qui tiennent dans votre vraie vie.

Au cabinet au Pouliguen ou à domicile sur la presqu’île guérandaise, je vous accueille avec ce qui est là. Vous n’avez pas besoin d’arriver avec une explication bien rangée.

Si une fatigue persiste malgré le repos, ou s’accompagne d’autres symptômes, prenez également conseil auprès de votre médecin. Tout ne s’explique pas par la charge mentale.

Pour ce soir, peut-être que la casserole peut rester dans l’évier.

Vous avez le droit de laisser la journée se terminer.

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