Vous avez ouvert votre téléphone pour regarder la météo. Quelques minutes plus tard, vous avez lu trois nouvelles difficiles, regardé une vidéo bouleversante et parcouru des commentaires qui vous ont laissé un drôle de goût.


La journée commence à peine et vous vous sentez déjà un peu plus lourd.


Puis il faut partir travailler, répondre aux messages, penser au dîner. La vie continue, avec toutes ces images quelque part dans un coin de la tête.


Parfois, on ne sait même plus très bien ce qui nous rend triste. Une nouvelle en particulier ? L’accumulation ? Cette impression que demain devient difficile à imaginer sereinement ?


Photo : Mr Cup / Fabien Barral — Unsplash

« Je n’ai pourtant pas de raison de me plaindre »


C’est souvent ce que l’on se dit.


On pense à ceux qui vivent directement les événements. On compare. On minimise ce que l’on ressent, puisqu’on a un toit, des proches, une vie qui tient à peu près debout.


Pourtant, être touché par ce qui se passe ailleurs n’enlève rien à la souffrance de ceux qui le vivent. Et reconnaître son propre malaise ne revient pas à se mettre à leur place.


On peut être reconnaissant pour sa vie et inquiet pour le monde. Aimer son quotidien et avoir le cœur serré en lisant les nouvelles.


Ces émotions peuvent coexister.


Cette anxiété qui touche le présent et l’avenir


Il n’y a pas seulement la tristesse devant ce qui se passe. Il y a aussi la peur : pour ce que l’on vit aujourd’hui, pour ses proches, pour la façon dont on va réussir à avancer. Et puis les questions sur demain : dans quel monde nos enfants vont-ils grandir ? Qu’est-ce qui nous attend ? Est-ce que les choses vont s’apaiser ?


Cette anxiété face à l’actualité, c’est parfois une inquiétude que l’on garde avec soi après avoir fermé l’écran. Les nouvelles viennent toucher notre quotidien, nos projets et notre façon d’imaginer l’avenir. On voudrait se sentir en sécurité aujourd’hui et pouvoir faire des projets pour demain, sans toujours se demander ce qui risque d’arriver.


Il n’est pas toujours possible de se rassurer avec une réponse certaine. On peut toutefois reconnaître ce qui nous inquiète, en parler et se demander : de quoi ai-je besoin aujourd’hui, avec ce que je sais et ce que je ne peux pas prévoir ?


Vous avez aussi le droit d’être en colère


Devant certaines nouvelles, on n’a pas envie de prendre du recul. On est en colère. Contre les injustices, la violence, les décisions que l’on ne comprend pas. On peut aussi se sentir triste, déçu, impuissant ou découragé.


Vous n’avez pas à transformer immédiatement tout cela en quelque chose de positif. Ni à vous imposer de rester calme pour montrer que vous gérez. Accueillir une émotion, c’est d’abord pouvoir dire : « Oui, là, je suis en colère. Ce qui se passe me touche et je trouve cela injuste. »


Reconnaître cette colère ne signifie pas laisser toute la place aux réactions qu’elle provoque. On peut lui donner des mots, en parler avec une personne de confiance, écrire ce que l’on ressent ou choisir une action qui respecte ses valeurs et les autres.


Et certains jours, on n’a pas l’énergie d’agir. On a simplement besoin d’être écouté, sans entendre qu’il faut relativiser. Cela aussi mérite une place.


Quand on continue à regarder, même si cela nous fait mal


Il y a ce geste presque automatique : rouvrir l’application. Vérifier s’il y a du nouveau. Lire encore quelques réactions.


On cherche peut-être à comprendre, à se rassurer ou à ne pas passer à côté de quelque chose d’important.


Mais une question mérite parfois d’être posée : qu’est-ce que je viens chercher ici, maintenant ?


Une information précise ? Ou un apaisement que cet écran ne me donne pas ?


Il n’y a pas de reproche dans cette question. Juste une occasion de remarquer ce qui se passe pour soi.


Se donner le droit de poser le téléphone


Il peut être difficile de couper. Comme si détourner les yeux un moment revenait à devenir indifférent.


Pourtant, rester disponible à toutes les nouvelles, à toute heure, n’est pas la seule manière de se sentir concerné.


Vous pouvez choisir un moment pour vous informer, puis fermer l’application. Désactiver certaines notifications. Décider que les dernières minutes avant de dormir appartiendront à autre chose.


Une limite peut être toute simple : « J’ai lu ce que je voulais savoir. Pour ce soir, je m’arrête là. »


Il n’est pas nécessaire d’attendre d’être à bout pour s’accorder cette pause.


Retrouver ce qui est à portée de main


Après des nouvelles difficiles, le quotidien peut paraître presque dérisoire. Faire un gâteau, rire avec une amie, marcher au bord de la mer… À quoi bon, avec tout ce qui se passe ?


Pourtant, ces moments font aussi partie de la réalité.


Il y a ce qui inquiète, et il y a la personne qui prend de vos nouvelles. Il y a les images qui restent en tête, et l’air frais sur votre visage quand vous sortez.


Vous n’avez pas à vous forcer à aller bien. Vous pouvez simplement laisser une place à ce qui vous fait du bien, sans vous en vouloir.


Et si vous ressentez le besoin d’agir, un geste à votre mesure peut avoir du sens : aider quelqu’un près de vous, soutenir une association, consacrer du temps à une cause qui vous tient à cœur.


Pas tout. Pas partout. Quelque chose que vous choisissez.


En parler, même sans avoir les mots exacts


« En ce moment, tout ça me pèse. »


Cette phrase peut suffire pour commencer une conversation. Pas besoin d’avoir une analyse de la situation ni de savoir expliquer précisément son émotion.


Si ce mal-être s’installe, perturbe votre sommeil ou rend le quotidien difficile, vous pouvez en parler à un professionnel de santé.


Vous avez aussi le droit de chercher un espace pour déposer vos inquiétudes, prendre du recul et réfléchir à ce qui pourrait vous aider.


Je vous accueille au Pouliguen pour un temps d’écoute et d’accompagnement autour du stress et des émotions.


En attendant, peut-être pouvez-vous commencer par cela : ce soir, après les informations, vous demander ce dont vous avez besoin.


De parler ? De silence ? De sortir quelques minutes ? De retrouver quelqu’un ?


La réponse n’a pas besoin d’être grande pour compter.


Marion Tron — Sophrologue et praticienne en thérapies brèves au Pouliguen.


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